Fioles d'huile d'argan, de baobab et de lin entourées de leurs graines et fruits, soin naturel pour cheveux fins

Argan, baobab, lin : les huiles méconnues pour les cheveux fins

 Les cheveux fins et les huiles, c'est souvent une relation méfiante. Une goutte de trop et la chevelure retombe à plat, l'aspect devient gras dès le lendemain, le volume s'efface. Beaucoup de personnes aux cheveux fins ont fini par rayer les huiles de leur routine, persuadées que ce type de soin n'est pas fait pour elles. C'est dommage, car quelques huiles sont assez légères pour soigner un cheveu fin sans l'étouffer.

Qu'est-ce que sont des cheveux fins au juste ?

Avoir les cheveux fins, c'est une affaire de diamètre, pas de quantité. Chaque cheveu a une tige plus étroite que la moyenne, souvent en dessous de 60 microns, sachant qu'un micron équivaut à un millième de millimètre. C'est une caractéristique de naissance, le plus souvent génétique. Un cheveu fin n'est pas un cheveu malade.

On confond souvent deux notions. La finesse décrit l'épaisseur d'un cheveu pris isolément. La densité, elle, décrit le nombre de cheveux implantés par centimètre carré de cuir chevelu, autour de 80 à 120 sur une tête normale. Les deux sont indépendantes. On peut avoir des cheveux fins et très nombreux, donc une chevelure qui paraît fournie, ou des cheveux épais mais clairsemés. Au toucher, le cheveu fin glisse entre les doigts, manque de corps, retombe vite et semble regraisser plus rapidement.

Il faut aussi distinguer la finesse de l'affinement, qui est un processus. Un cheveu qui s'amincit progressivement, année après année, peut signaler une miniaturisation, parfois d'origine hormonale ou liée à une chute. Si vous remarquez une perte de densité marquée, une zone qui se dégarnit ou une chute qui s'installe dans la durée, ce n'est plus une question de texture. Mieux vaut en parler à un médecin et, si besoin, comprendre les causes possibles d'une chute avant de chercher une réponse du côté des soins.

Pourquoi la plupart des huiles plombent les cheveux fins ?

Sur un cheveu fin, le problème des huiles tient en un mot, le poids. Une huile lourde dépose un film gras sur une tige déjà souple et peu rigide. Le cheveu ploie, perd son volume, paraît plat et regraisse en quelques heures. Plus la tige est fine, plus une même quantité d'huile la sature vite.

Deux mécanismes se cumulent. D'abord la texture de l'huile elle-même. L'huile de ricin est très visqueuse et collante, l'huile de coco fige à température ambiante et finit par s'accumuler sur la fibre, les beurres de karité ou de cacao sont plus lourds encore. Ensuite le rôle du sébum. Le cuir chevelu produit déjà sa propre huile, alors en rajouter à la racine alourdit pour plusieurs jours.

Qu'est-ce qui rend une huile légère, alors ? Deux choses. Une texture fluide qui ne colle pas, et une bonne affinité avec la fibre. Certaines huiles restent en surface et alourdissent, d'autres se font oublier. À noter que beaucoup de produits industriels obtiennent leur effet léger grâce à des silicones volatils qui s'évaporent, et non grâce à l'huile végétale annoncée sur le flacon. C'est là que l'argan, le baobab et le lin deviennent intéressants.

Femme aux cheveux fins appliquant quelques gouttes d'huile sur les longueurs avec une pipette, sans toucher les racines

L'argan, connu de tous mais mal employé sur cheveux fins

L'huile d'argan est partout dans les rayons cheveux, surnommée l'or liquide du Maroc. Sur un cheveu fin, elle a un intérêt réel à condition de l'utiliser avec parcimonie. Ce qu'elle apporte, c'est un soin de la fibre, pas une repousse.

Côté composition, l'argan est faite à environ 80 % d'acides gras insaturés, surtout de l'acide oléique de la famille des oméga-9 et de l'acide linoléique de la famille des oméga-6. Elle contient aussi de la vitamine E et des antioxydants. Son indice de comédogénicité est de zéro, ce qui signifie qu'elle n'a pas tendance à obstruer les pores, et son profil reste relativement léger pour une huile végétale.

Elle gaine et lisse la cuticule, cette couche externe qui protège le cheveu comme des tuiles sur un toit. Résultat, plus de brillance et de douceur, moins de casse et de fourches au démêlage. Des travaux sur cheveux colorés et décolorés ont même montré qu'elle limite une partie des dégâts de la coloration, en réduisant la perte de protéines et en préservant mieux la résistance de la fibre.

Reste à dire ce qu'elle ne fait pas, car les promesses dépassent souvent la réalité. L'argan ne fait pas repousser les cheveux. Une revue qui a rassemblé plusieurs dizaines d'études n'a trouvé aucun effet démontré sur la croissance. Elle ne répare pas non plus la fibre de l'intérieur, sa structure pénètre peu et elle agit surtout en surface. Aucune huile ne reconstruit un cheveu déjà abîmé, elle en améliore l'aspect. Et malgré ce qu'on lit parfois, elle n'agit pas sur les hormones de la calvitie. Dans les formules du commerce, elle est d'ailleurs très souvent associée à des silicones qui font une bonne part de l'effet lisse, sans qu'elle se révèle supérieure à d'autres bonnes huiles.

Le baobab, l'huile sèche qu'on ne voit presque jamais

Si une huile mérite le détour quand on a les cheveux fins, c'est sans doute le baobab. On la décrit comme une huile sèche, au toucher non gras et à l'absorption rapide, ce qui limite l'effet plaqué que redoutent les cheveux fins. C'est son meilleur argument.

Sa composition varie selon l'origine de l'huile, mieux vaut donc raisonner en fourchettes. Elle est dominée par l'acide linoléique de la famille des oméga-6 et l'acide oléique de la famille des oméga-9, avec une part d'acide palmitique. Elle contient de la vitamine E et de la vitamine A, à l'effet antioxydant, et se conserve plutôt bien dans le temps.

Quelques précisions s'imposent, car le marketing va parfois trop loin. On lit que le baobab serait riche en oméga-3 ou en vitamine D. Les analyses sérieuses ne le confirment pas, c'est avant tout une huile oméga-6 et oméga-9. Quant à la fameuse vitamine F citée sur certains emballages, ce n'est pas une vitamine du tout, juste un ancien nom donné aux acides gras essentiels.

Ce que le baobab fait sur les cheveux relève du confort de la fibre. Il assouplit, aide à l'élasticité et à la brillance, limite la sécheresse et les pointes fourchues. Petite nuance utile, une huile n'hydrate pas au sens strict puisqu'elle ne contient pas d'eau. Elle forme un film qui aide la fibre à retenir son eau et lisse la surface, d'où cette sensation de souplesse. Là encore, aucune action sur la racine ni sur la pousse, et on le trouve surtout chez les marques naturelles plutôt que dans la grande distribution.

Le lin, à utiliser plutôt en gel qu'en huile

Le lin est un cas à part. Sur cheveux fins, ce n'est pas tant l'huile qui est intéressante que le gel de graines de lin, ce mucilage translucide qu'on obtient en faisant chauffer les graines dans un peu d'eau. C'est une autre logique que celle d'un corps gras.

Ce gel forme un film souple et léger à base de polysaccharides, des sucres végétaux qui gélifient au contact de l'eau. Il regroupe les mèches, discipline les frisottis de surface, dessine les ondulations et apporte de la brillance, le tout sans le poids d'une huile. La tenue reste souple, sans effet carton, ce qui en fait un coiffant tout indiqué pour un cheveu fin qui cherche de la matière sans s'aplatir.

L'huile de lin pure est très riche en acide alpha-linolénique, un oméga-3 d'origine végétale. Cette richesse ne veut pas dire qu'elle fait pousser les cheveux. Une huile posée sur la longueur ne nourrit pas le follicule, qui est alimenté par le sang et non par la surface du cheveu. Deux points pratiques à connaître. L'huile de lin s'oxyde très vite, elle rancit, et une odeur âcre ou de peinture indique qu'elle est périmée. Le gel maison, lui, se conserve une à deux semaines au réfrigérateur, donc on le prépare en petite quantité.

Comment bien appliquer ces huiles quand on a les cheveux fins ?

Sur cheveux fins, la règle tient en une phrase, peu de produit et loin des racines. Une couche fine bien répartie vaut mieux qu'un dépôt concentré, et on peut toujours en rajouter, jamais en retirer. Voici les gestes qui évitent l'effet plat et gras :

  • Commencez par une à deux gouttes, réchauffées entre les paumes avant d'appliquer.
  • Ciblez les longueurs et surtout les pointes, qui sont les parties les plus anciennes et les plus sèches. Jamais les racines.
  • Privilégiez le bain d'huile avant le shampooing. On pose 20 à 60 minutes, puis on rince avec un ou deux shampooings. L'excédent part au lavage, c'est le mode le plus sûr pour un cheveu fin.
  • En soin sans rinçage, réservez une trace minuscule aux pointes, après lavage.
  • Espacez les applications. Une fois par semaine suffit le plus souvent quand les cheveux regraissent vite.
  • Fiez-vous à un repère visuel simple. Le cheveu doit paraître brillant, jamais mouillé ni collant en séchant.
  • Faites un test au creux du coude avant un usage régulier. Les réactions restent rares, mais elles existent.

Jongler avec trois flacons peut ne pas être pratique. Le sérum Vitalis réunit l'argan, le baobab et le lin parmi seize huiles et extraits végétaux, dosés ensemble dans une même formule sans alcool ni silicone. Il s'utilise justement comme un bain d'huile, on l'applique sur le cuir chevelu, on masse, on laisse poser puis on rince au shampooing, exactement la méthode douce décrite plus haut. Dans cette formule, ces trois huiles apportent surtout de la qualité à la fibre.

Les questions fréquentes sur les huiles et les cheveux fins

L'argan, le baobab ou le lin font-ils repousser les cheveux fins ?

Non, aucune de ces trois huiles n'a d'effet démontré sur la pousse. Ce sont des soins de la fibre, qui apportent brillance, souplesse et moins de casse. La repousse repose sur d'autres mécanismes, et comme pour l'huile de café, mieux vaut se méfier des promesses de croissance attribuées à une huile isolée.

Quelle est l'huile la plus légère pour des cheveux fins ?

Le baobab est souvent le meilleur choix grâce à son toucher sec et à son absorption rapide. L'argan convient aussi à condition de doser très petit. Pour le lin, on privilégie le gel plutôt que l'huile, plus léger sur une fibre fine.

Peut-on mettre de l'huile sur cheveux fins sans les graisser ?

Oui, à condition de viser les longueurs et les pointes, d'en mettre très peu et de préférer le bain d'huile avant shampooing. Posée puis rincée, l'huile soigne la fibre sans laisser de film gras sur la tête.

Mes cheveux deviennent fins avec le temps, est-ce grave ?

Un cheveu fin de naissance n'a rien d'inquiétant. En revanche, un affinement progressif ou une perte de densité visible peut signaler autre chose qu'une simple texture. Dans ce cas, parlez-en à un dermatologue plutôt que de compter sur un soin cosmétique.

Huile ou gel de lin, lequel choisir pour des cheveux fins ?

Le gel pour discipliner et coiffer sans alourdir, c'est son point fort sur cheveux fins. L'huile uniquement sur les pointes et en petite quantité, en gardant en tête qu'elle rancit vite et se conserve mal.

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